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Le bonheur d'être protestant

Au printemps de ma 70ème année, un coup de colère salvateur m'a amené à dire Non à l'Église qui était la mienne depuis mon baptême. Non, décidément, ce n'était plus possible... Dans cette Église-là, j'étouffais...

Tout un été, j'ai pris le temps de la réflexion et de la prière et la décision s'est formée peu à peu d'elle-même, comme un fruit mûr qui tombe de la branche : devenir protestant !

Pourtant, le Concile de mes vingt ans avait vraiment représenté pour moi le « printemps de l'Église », en même temps que celui de ma foi chrétienne : oui, finalement, il devenait possible d'être chrétien au sein de l'Église romaine.

Mais les reculades de ces dernières décennies ont fini par avoir raison de mon espérance : je ne pouvais plus faire semblant d'être catholique. Je suis allé frapper à la porte d'une paroisse réformée... Une autre histoire commençait.

Je n'écris pas un livre contre qui que ce soit. Mon but n'est pas de détruire, de critiquer, de honnir. Ce qui m'importe aujourd'hui, ... c'est l'épanouissement de la foi que j'ai trouvé au sein du protestantisme !

Le bonheur d'être protestant


Comment lire la Bible aujourd'hui ?


De tous temps, les chrétiens se sont posé la question de savoir quelle devait être leur position vis-à-vis de leur texte sacré.




Autour du IIIe siècle après J.-C., la méthode dite « des quatre sens de l’Écriture » fit son apparition dans le christianisme. Cette méthode partait du postulat selon lequel la Bible contenait des sens cachés, et qu’il était possible de les retrouver au moyen d’une lecture attentive. Cette approche témoigne d’un grand respect pour l’Écriture et considère la Bible comme un texte fortement inspiré. Cette compréhension de l’Écriture directement inspirée du judaïsme a évolué au fil des siècles.

Une évolution historique

La philosophie s’est mêlée à l’interprétation de l’Écriture et l’argumentation logique aristotélicienne a permis aux pères de l’Église de lutter contre les hérésies diverses. En introduisant la philosophie comme méthode censée servir la théologie, l’apologétique chrétienne ne se doutait pas qu’elle ouvrait une possibilité de critique du texte biblique qu’elle ne pourrait plus jamais refermer. Rien d’étonnant à ce que Luther, voulant revenir aux racines de l’Écriture, s’opposa fortement à l’usage de la philosophie afin d’interpréter le texte biblique. Il percevait très certainement le danger exégétique que produisait une telle méthode. Au XVIIe siècle, le grand Spinoza fit trembler le monde religieux de son époque par son approche novatrice du texte biblique ouvrant tout droit la porte à… la méthode historico-critique ! Cette exégèse interroge la composition littéraire du texte biblique et le contexte historique dans lequel il fût rédigé. Cette approche enfonça le clou en interrogeant la sacralité dans laquelle la Bible avait été, jusque là, confinée.


Et pour nous aujourd’hui ?

Il me semble que le rapport calviniste à l’Écriture nous permet une sorte d’équilibre entre l’inspiration divine du texte et une logique « scientifique » permettant de l’interpréter. Calvin affirme que la Bible ne devient parole de Dieu que sous l’action du Saint Esprit. Ce faisant, il reconnaît que le texte biblique est un texte humain, lié à une histoire, à une culture, et que ce n’est que grâce à l’action dynamique de l’Esprit que la parole humaine nous relie à Dieu. Cet équilibre fragile me semble d’une grande sagesse, évitant tout à la fois fondamentalisme religieux et relativisme total. Enfin, si nous avons tendance à rechercher ce que la parole nous dit, à nous aujourd’hui, il ne faut jamais perdre de vue que les auteurs, au moment où ils ont rédigé ces textes, avaient un but précis, un sens dont ils souhaitaient témoigner. Et même si toute œuvre échappe forcément à son auteur (en particulier lorsqu’il s’agit de la Bible !) ne faisons pas trop vite le deuil de la recherche de ce sens premier, au détriment de nos propres désirs et grilles de lectures modernes, car nous passerions peut être à côté de l’essentiel.

Source

Conseils de lecture : quelques classiques


Tertullien : Apologétique
Apostrophant le proconsul de Carthage et les gouverneurs des provinces d'Afrique, Tertullien conteste la légalité des persécutions et dénonce l'iniquité des procès contre les Chrétiens. Œuvre de jeunesse qui suit de peu sa conversion, l'Apologétique a porté le genre à sa perfection : ce Génie du christianisme avant l'heure est l'une des premières synthèses de la culture gréco-romaine et de la pensée chrétienne, que seule pouvait permettre une rare érudition. Parmi les écrivains de langue latine, saint Augustin seul, qui lui doit beaucoup, lui est comparable.

Augustin : Confessions
Les Confessions est une œuvre autobiographique d'Augustin d'Hippone, écrite entre 397 et 398, où il raconte sa quête de Dieu. Il a un double but : avouer ses péchés et ses fautes directement à Dieu (confession au sens chrétien) mais aussi proclamer la gloire de Dieu. L'œuvre est composée de treize livres. « Les treize livres de mes Confessions louent le Dieu juste et bon de mes maux et de mes biens, ils élèvent vers Dieu l'intelligence et le cœur de l'Homme. » C'est un ouvrage fondamental, tant par la profondeur des analyses qui y sont faites que par la qualité du style de l'écriture.

Imitation de Jésus-Christ
« L'Imitation de Jésus-Christ est le plus beau qui soit parti de la main d'un homme, puisque l'Évangile n'en vient pas » (Fontenelle)

Calvin : Institution de la religion chrétienne
C’est la première fois que le français est utilisé dans un traité de théologie, la première fois aussi que la prose française exprime des idées avec autant de précision, de rigueur et de clarté. C’est à ce titre que l’Institution de la religion chrétienne de Jean Calvin a contribué significativement au développement du français.
(avec un bémol : la notion qu'avait Calvin de la prédestination).

Bunyan : Le voyage du pèlerin
Le Voyage du pèlerin est considéré comme un grand classique de la littérature anglaise, et a été traduit dans plus de cent langues différentes. Le récit rapporte les aventures de Christian (mot signifiant aussi "chrétien" en anglais), un homme ordinaire tâchant de se frayer un chemin depuis la "Cité de la destruction" jusqu'à la "Cité céleste" de Sion.

LewisLes fondements du christianisme
Voici le meilleur de C.S. Lewis sur l'approche biblique, théologique et chrétienne des grandes questions humaines. Il nous livre une réévaluation intelligente et apologétique de ce qui demeure vrai de tout temps, mais en permanence ballotté par les modes et les idéologie ambiantes. Puisqu'il faut retrouver des repères, voici les fondements du christianisme.

Stott : L'essentiel du christianisme
Un ouvrage essentiel de John Stott, sommité évangélique loin de tout les clichés portés aujourd'hui sur ce mouvement. Qu'est-ce, au fond, que le christianisme ? Beaucoup se posent cette question, convaincus que c'est une bonne religion, mais qui manque de rigueur intellectuelle. A l'âge où l'on commence à réfléchir, à examiner avec un esprit critique les notions religieuses reçues toutes faites, on trouve souvent plus facile de renoncer à la foi de son enfance que d'examiner de plus près ce qu'elle nous a enseigné. Ce livre veut répondre à cette préoccupation. 

Examinez tout, retenez ce qui est bien ( 1 Thess 5:21 ) : à vous de vous forger votre opinion

      

Le critère de la vraie foi

La faiblesse de n'importe quelle foi réside dans sa facilité à devenir idolâtre. L'esprit humain, dit Calvin, est une fabrique qui produit continuellement des idoles. On le constate pour tous les types de foi, y compris le protestantisme qui en est particulièrement conscient. Des déformations idolâtres le menacent aussi. Il doit s'appliquer à lui-même le critère dont il se sert pour juger les autres formes de foi. Chaque type de foi a tendance à attribuer une validité absolue à ses symboles concrets. Impliquer un élément d'autocritique constitue par conséquent le critère le plus décisif : le symbole qui convient le mieux manifeste non seulement l'ultime [ce que l'homme recherche au plus profond de lui-même] mais aussi qu'il n'est pas lui-même ultime.

A la différence de toutes les autres religions, le christianisme possède pleinement ce symbole avec la croix du Christ. Jésus n'aurait pas pu être le Christ s'il ne s'était pas sacrifié lui-même, en tant que Jésus, à lui-même en tant que Christ. Reconnaître le Christ en Jésus sans accepter Jésus le crucifié est une forme d'idolâtrie (Matthieu 16:16-23). Ce qui concerne ultimement le chrétien n'est pas Jésus, mais le Christ Jésus que manifeste le crucifié. L'événement qui a créé ce symbole fournit le critère selon lequel on doit juger la vérité du christianisme et celle de n'importe quelle religion. [...] Le protestantisme critique l'Eglise romaine au nom de ce critère. A l'époque de la Réforme, la division des Eglises ne vient pas des formulations doctrinales, mais de la redécouverte du principe qu'aucune Eglise n'a le droit de prendre la place de l'ultime. [...] Ce critère s'identifie au principe protestant et devient réalité dans la croix du Christ - d'où la grandeur du christianisme protestant.

Paul Tillich, Dynamique de la foi (pp98-99)
         
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Louer pour toutes choses

Si quelqu'un prétendait vous indiquer le chemin le plus court et le plus sûr qui conduit au bonheur et à la perfection, il devrait vous conseiller, comme règle de vie, de remercier et de louer Dieu pour tout ce qui vous arrive. Car il est certain que, quelle que soit l'adversité rencontrée, vous la transformerez en bénédiction si vous louez et remerciez Dieu pour cette épreuve. (William Law)

Je remercie Dieu pour mon infirmité, car c'est au travers d'elle que j'ai trouvé mon Dieu, mon travail et moi-même. (Hélène Keller)

Heureux celui qui se soumet à la volonté de Dieu car le malheur ne l'atteint pas. Les hommes peuvent le traiter à leur guise... il ne s'en soucie pas, il sait que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. (Martin Luther)

Demandez à Dieu la grâce de voir sa main dans chaque épreuve, puis la grâce de vous y soumettre aussitôt. Non seulement de vous soumettre à cette épreuve, mais également de l'accepter et de vous en réjouir... Je pense que, parvenus à ce stade, nous voyons disparaître la plupart de nos ennuis. (Charles H. Spurgeon)

En toutes choses rendez grâces, car telle est la volonté de Dieu dans le christ Jésus à votre égard (1 Thessaloniciens 5:18)
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