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Parallèle intéressant (3)

Moïse est la figure du Messie: un homme écartelé entre le ciel et la terre. Il appartient à Dieu et à la terre: à une terre maudite et à un Dieu qui est le saint. Cette double appartenance le déchire, le brise. Abraham ne connaît pas cette tragédie, car le peuple qui naîtra de lui est à naître: Abraham est seul avec Dieu, il n'est pas déchiré. Moïse au contraire vit une tragédie: il ne peut renier Dieu, et il ne peut renier Israël. Mais ne pas renier Dieu, cela veut dire en quelque manière être avec Dieu contre Israël - et ne pas renier Israël, cela veut dire être avec Israël contre Dieu. Tel est le drame de Moïse. Moïse était pour Dieu, et il était pour Israël. N'est-ce pas comme si déjà Moïse était élevé sur la croix ?

Si le prophète, annonçant le Messie comme "Serviteur de Yahvé" pensait à Moïse "serviteur de Dieu", certainement il ne voyait pas seulement en Moïse le chef d'Israël, mais le Médiateur entre Dieu et le peuple, celui qui par sa prière avait lutté contre Dieu pour obtenir la miséricorde et le pardon. Le "Serviteur souffrant", c'était au Sinaï Moïse, lorsqu'innocent des péchés du peuple il ne voulut pas se désolidariser de ses frères. (Peut-être le prophète vit-il dans la mort solitaire de Moïse au seuil de la Terre Promise, le prix qu'il avait dû verser à la divine justice pour la rémission du péché ? Nous ne pouvons l'affirmer avec certitude, mais cette pensée ouvre des horizons.)

Jésus est un avec le peuple pécheur, et il est un avec le Dieu de toute sainteté: cette union ou plutôt cette unité avec Dieu et avec les hommes le déchire et le brise - là se trouve le noeud de sa passion... Moïse est une figure du Christ, et jamais il ne l'est autant que dans cette scène. Tous les écrits rabbiniques, et même les évangiles, voient dans le Messie un "Moïse revenu à la vie". L'autre prophète, qu'au chapitre 18 du Deutéronome Dieu promet au peuple d'Israël, ne sera ni Élie, ni Jérémie: il ne sera nul autre que le Christ. C'est lui, le Christ, qui sera le chef du nouvel Israël - c'est lui qui pour le nouvel Israël mourra sur la croix, déchiré par sa double appartenance.


D. Barsotti sur Exode 32


Lire aussi Jésus notre Moïse


Parallèle intéressant (2)

Pendant 40 ans, le peuple de Dieu fut conduit par Moïse à travers le désert. On appela "Tente du témoignage" le sanctuaire où l'on rendait un culte à Dieu par des sacrifices qui annonçaient l'avenir.

La Loi avait été donnée sur la montagne, dans une épiphanie grandiose: par des signes visibles et des sons extraordinaires, la Divinité s'imposait comme une évidence, 50 jours après que l'on eût célébré la Pâque...

Plus tard, l'Alliance Nouvelle se révélerait: 50 jours après l'immolation "du Christ notre Pâque", l'Esprit Saint viendrait du ciel.

L'Évangile appelle l'Esprit Saint "le Doigt de Dieu" (Luc 11:20), ce qui rappelle à notre mémoire le premier fait annonçant l'attribution de ce nom à l'Esprit saint: à savoir que les Tables de la Loi furent "écrites par le doigt de Dieu" (Exode 31:18).

(Augustin)


Parallèle intéressant (1)

En Genèse 1:28 nous avons: Et Dieu les bénit, disant: Croissez et multipliez, remplissez la terre, et dominez sur elle - soyez maîtres des poissons de la mer, et des oiseaux du ciel, et de tous les bestiaux, et de toute la terre, et de tous les reptiles qui se traînent à terre.

En Matthieu 28:18-20 nous avons: Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi: Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.


Croissez correspond à faites des disciples de Matthieu 28:19

Multipliez correspond à toutes les nations de Matthieu 28:19

Remplissez correspond à enseignez-les de Matthieu 28:20

Soyez maîtres correspond à obéir à tout ce que je vous ai prescrit de Matthieu 28:20

Dominez correspond à tout pouvoir de Matthieu 28:18 et je suis avec vous de Matthieu 28:20


Sens spirituel de Mat 25:35-36


J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger

Ceux qui avaient faim de paix, d'amour, de joie

tu leur as donné cette nourriture spirituelle qui donne la vie


J'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire

Ceux qui avaient soif de justice, de vérité, d'amour

tu leur as donné à boire de cette eau qui jaillit en vie de plénitude


J'étais étranger, et vous m'avez recueilli

Ceux qui ne se sentaient pas accueillis par Dieu

tu leur as donné l'espérance qui ne déçoit pas


J'étais nu, et vous m'avez vêtu

Ceux qui n'étaient pas revêtus de justice, de paix, de joie, d'amour, d'espérance, de vérité, de vie

tu les as revêtus de Christ, donné tous ces fruits de la foi


J'étais malade, et vous m'avez visité

Ceux qui étaient faibles spirituellement

tu leur as donné la force de la foi en Celui qui est leur remède


J'étais en prison, et vous êtes venus vers moi

Ceux qui étaient enfermés dans de fausses idées, théories, doctrines

tu les as libérés en leur apportant la vérité qui rend libre



L'interprétation spirituelle des Ecritures, c'est la vérité qui libère!


L'interprétation spirituelle est première

Toutes les autres en découlent


Pourquoi ?

Parce que tout ce qui se passe sur terre n'est que la conséquence de ce qui se passe dans les coeurs

Or, les conséquences de ce qui se passe dans les coeurs, il y en a des milliers dans l'Histoire. Chaque interprétation particulière est probablement correcte à un instant donné, mais anecdotique par rapport à l'espace-temps global, et insignifiante par rapport aux univers de Dieu.


La compréhension spirituelle embrasse le tout

Elle est par conséquent fondamentale

L'Esprit de Dieu sous-tend tout l'Univers - tout ce qu'il contient

Notre esprit, afin d'être dans la réalité de Dieu - le juste, le vrai - s'alignera / se soumettra à Celui de Dieu

Selon le même schéma, notre âme s'alignera / se soumettra à notre esprit

Et à son tour le corps dépendra de l'âme - de ses pensées, de ses sentiments, de sa volonté

Si on comprend ce fil de pensée, on comprend tout ce qui s'est passé dans l'Histoire, ce qui se passe autour de nous ne nous étonne pas, et les événements futurs ne nous prendront pas au dépourvu


Ainsi, il n'est pas indispensable d'interpréter les prophéties en termes d'événements

Si on comprend comment fonctionne notre être intérieur, on comprendra sans peine que ne pas dépendre de l'Esprit de Dieu nous soumet à d'autres esprits, avec tout ce qui s'ensuit dans nos comportements et les conséquences que cela aura sur les autres, sur la nature qui nous entoure, etc.


La meilleure manière d'interpréter la Bible est de la prendre simultanément

  • littéralement - puisqu'elle vient de Dieu, qui Seul est la réalité
  • spirituellement - car elle est inspirée par le Saint-Esprit

...ce qui ne veut pas dire qu'on va rester dans les hautes sphères d'interprétations "spiritualisantes", sans lien avec la réalité de tous les jours : au contraire, cette approche du haut (Esprit) vers le bas (Réalité quotidienne) nous donne l'assurance que notre compréhension des écritures sera la plus réelle possible, car tout procède de Dieu, et Dieu est Esprit.


Interprétation littéralement spirituelle

Une interprétation particulière, comme on en voit tant, reste limitée à un lieu, une époque, une culture, etc.

Une interprétation spirituelle, vue avec l'oeil spirituel de Dieu, nous amène droit au but, met le doigt directement sur des sujets concrets, ici et maintenant

Pour cette raison, on peut parler d'interprétation par l'expérience, ou d'interprétation littéralement spirituelle


Versets appuyant l'interprétation littéralement spirituelle

L'interprétation littéralement spirituelle (ou par l'expérience) est celle des chrétiens de la Bible. Les auteurs du NT interprétaient les textes de l'Ancienne Alliance spirituellement - combien plus devons-nous interpréter spirituellement ceux de la Nouvelle!

2 Pi 1:19-21 : C'est portés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu - C'est donc spirituellement que ces paroles doivent être comprises

1 Cor 2:14-16 : C'est spirituellement qu'on discerne les choses de Dieu - Dans ces choses sont comprises les paroles contenues dans les écritures et inspirées de Lui

Quand Jésus dit la vérité vous rendra libres ou mon Royaume n'est pas de ce monde ou mangez ma chair et buvez mon sang, il parle spirituellement : nous sommes libres en l'Esprit - le Royaume est en nous, dans notre terre promise intérieure, dont Christ est le Roi - le corps de péché est vaincu et les péchés sont lavés par le sacrifice du Christ

Allons-nous croire que les écritures, inspirées par l'Esprit, doivent être comprises spirituellement, ou allons-nous les tordre comme le font ceux qui sont cités en 2 Pi 3:16 ?

L'AT, également inspiré par l'Esprit, s'interprète aussi par l'Esprit : lorsqu'on parle, en Deut 25:4, de ne pas museler le boeuf, on entend par-là que l'ouvrier ne doit pas être privé de son salaire (c'est ce qu'avait compris Paul en 1 Cor 9:9 et en 1 Tim 5:18) : sommes-nous plus que lui pour nous permettre d'interpréter les écritures différemment ?

Ainsi, la Loi elle-même doit-elle être aussi prise dans son sens spirituel (Rom 7:14), et cela d'autant plus que le Messie est venu, et que TOUT est accompli en Lui, y compris la Loi et les prophètes.

Autres exemples:

"le Rocher qui les suivait dans le désert" en 1 Co 10:4, est expliqué spirituellement

Voir également en Gal 4:22-26 un exemple évident d'interprétation spirituelle de l'AT


Vous lisez la Bible ? Non, c'est la Bible qui vous lit!

Dans le Principe (Jésus),
Dieu (le Père) crée les cieux (notre esprit)
et la terre (notre âme).

Mais il nous manque quelque chose:
notre âme est vide, inorganisée, dans l'obscurité.

Dieu dit alors:
- Que la lumière soit!

Notre esprit reçoit alors la lumière (l'Esprit de Dieu), qui éclaire notre âme.

Dans la suite du récit ("c'est spirituellement qu'on comprend ces choses" - 1 Cor 2:14), notre esprit et notre âme sont ensuite représentés sous la forme d'Adam et Eve.

Sous la lumière de Dieu, nous sommes innocents.
Nous savons que tout ce qui se passe, tout ce qui nous arrive vient de Dieu, pour notre bien.

Mais notre composante reptilienne nous souffle:
- Mange du fruit qui te dira ce qui est bien et ce qui est mal!

Notre âme (Eve) est séduite - ne pense pas aux conséquences - et pousse notre esprit (Adam) à manger de ce fruit qui soi-disant nous mènera à être comme Dieu, sachant (pseudo-omniscience) ce qui est bien et ce qui est mal.

Notre esprit est tout aussi coupable que notre âme: dans le plan de Dieu, l'âme est soumise à l'esprit. Ce dernier, pourtant, écoute l'âme plutôt que Dieu.

Croyant savoir, après avoir mangé du fruit, ce qui est bien et ce qui est mal, notre innocence disparaît: nous ne sommes plus insouciants, soumis à l'amour de Dieu - et notre jardin des délices se transforme en une suite de soucis, de peurs, de stress, etc. - et nous nous éloignons de l'Arbre de Vie...

Puis viennent les solutions:

  • le déluge représente le baptême (1 Pierre 3:21)
  • Abraham accepte de sacrifier son fils, comme Dieu le fera plus tard (Croix)
  • le rocher qui nous suit dans le désert, c'est le Christ (1 Cor 10:4)
  • etc.

Nous suivons l'Esprit saint (la nuée de lumière), mais le monde, la chair et le diable (les Egyptiens) nous poursuivent - ils resteront sous l'eau de la Mer Rouge, lors du baptême (1 Cor 10:2). (*)

Les murailles de Jéricho qui s'effondrent représentent nos murailles intérieures - elles s'effondrent pour que Dieu puisse assaillir nos ennemis intérieurs.

David représente notre composante humble, et Goliath notre orgueil.

Etc.: on pourrait poursuivre ainsi à travers tout l'Ancien testament.

Vous lisez la Bible ? Non, c'est la Bible qui vous lit!


(*) Que veut dire: "Tous, en suivant Moïse, furent baptisés" ? Cette parole semble obscure, mais je m'efforcerai de l'éclairer. La mer s'étendait devant leurs yeux, et on leur donnait l'ordre de la traverser par une voie étrange et inouïe. Personne n'avait jamais traversé ainsi. Ils hésitaient, se dérobaient, faisaient difficulté. Moïse passa le premier, et tous suivirent. C'est ce que veut dire "Tous, en suivant Moïse, furent baptisés": ils crurent en lui, et, sous sa conduite, parce qu'ils avaient confiance en lui, ils osèrent entrer dans l'eau. C'est cela même qui arrive avec le Christ... Il nous a ouvert la voie, il est monté aux cieux le premier. Donc, comme les Hébreux se fiant à Moïse osèrent entreprendre leur voyage, nous aussi, nous fiant au Christ, nous entreprenons avec confiance notre pèlerinage. (Chrysostome)

L'histoire nous apprend comment on doit se conduire après avoir passé l'eau: il ne faut rien tirer avec soi de l'armée ennemie quand on émerge. Quiconque permet à l'ennemi de remonter avec lui, reste en esclavage, pour avoir sorti de là son tyran vivant, au lieu de le noyer au fond de l'eau. Tous ceux qui traversent l'eau du baptême doivent laisser pour mort au fond de l'eau tout le camp du malin: l'avarice, la convoitise, la luxure, l'orgueil et le besoin de paraître, la violence, la colère, la rancune, l'envie: tout cela et le reste - les mouvements mauvais de l'âme et leurs prolongements - nous devons le laisser noyé au fond de l'eau. (Grégoire de Nysse)


1 Cor 13:7

Traduction traditionnelle: il pardonne (ou excuse) tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.

La NFC (*) traduit: En toute circonstance il fait face, il garde la foi, il espère, il persévère.

Il endure, persévère: tout le monde semble d'accord avec cela. De même avec il espère.

Il croit tout: c'est assez maladroit comme traduction, car elle semble dire que nous devons être crédules. Garder la foi en toute circonstance est bien meilleur.

Quant à il excuse tout, c'est aussi assez maladroit. Plutôt pardonner, qu'excuser - car excuser laisse entendre que nous acceptons l'injustice. Le verbe grec signifie couvrir, protéger: je couvre les péchés, je protège de la colère. Mais aussi: supporter, résister, dans le sens de faire face.

Les 4 tout sont remplacés dans la NFC (*) par en toute circonstance, ce qui est également une meilleure traduction.


Ainsi, en toute circonstance il fait face, il garde la foi, il espère, il persévère.


(*) Nouvelle Français Courant



Voici comment la Bible Amplifiée (Amplified Reading Bible) rend ce verset:

Love bears all things [regardless of what comes]

believes all things [looking for the best in each one]

hopes all things [remaining steadfast during difficult times]

endures all things [without weakening]


En français (Google Traduction):

L'amour supporte tout [quoi qu'il arrive]

croit en toutes choses [recherche le meilleur de chacun]

espère tout [rester ferme pendant les périodes difficiles]

endure toutes choses [sans faiblir]



L'amour fait face:

Quand il n'a pas de preuve, il croit le meilleur.

Quand la preuve est défavorable, il espère le meilleur.

Et quand l'espoir est déçu de façon répétée, il attend encore avec courage.

(d'après Robertson & Plummer, dans Nouveau Commentaire Biblique, Emmaüs)



Antoine Nouis, Le NT commentaire intégral verset par verset:

Cette série de verbes n'évoque pas l'amour en termes de sentiment, mais de décision [...]

poursuivre l'oeuvre de l'amour même lorsque mes sentiments me disent le contraire.


Matthieu 11:12


Depuis les jours de Jean l'immergeur jusqu'à présent,
le Royaume des cieux est forcé,
et ce sont les forts qui s'en emparent


3 explications possibles:

  • le Royaume est assailli par ses opposants
  • le Royaume est forcé par ceux qui sont déterminés à y entrer
  • le Royaume fait irruption avec puissance


Les 3 sont justes:

  • le Royaume est assailli par ses opposants dès le début, et c'est toujours le cas - voire même de plus en plus (ils veulent construire leur propre royaume, un royaume conforme à la vérité qu'ils se sont forgée)
  • le Royaume est forcé par ceux qui sont déterminés à y entrer, car il s'agit de lutter spirituellement avec fermeté contre les forces de l'ennemi de nos âmes: la chair, le monde, l'ennemi spirituel
  • le Royaume fait irruption avec puissance: ceux qui voient avec les yeux de l'Esprit le savent bien



Vivre sur des ailes

Cette vie cachée avec Christ en Dieu revêt de nombreux aspects et peut être considérée sous plusieurs angles différents. Il existe un aspect qui m'a beaucoup aidée et inspirée et qui pourra faire de même pour mainte âme affamée. C'est ce que j'appellerai : "la vie sur les ailes".

Le Seigneur ne nous a pas seulement dit de considérer "les fleurs de champs", mais également "les oiseaux du ciel". J'ai découvert que ces petites créatures ailées ont quelques leçons merveilleuses à nous enseigner. Dans l'un des psaumes, le psalmiste décrit l'obscurité et l'amertume de sa vie dans la sphère terrestre de l'épreuve, puis s'écrie : "Oh ! Si j'avais les ailes de la colombe, je m'envolerais et je trouverais le repos. Voici, je fuirais bien loin, j'irais séjourner au désert. Je m'échapperais en toute hâte, plus rapide que le vent impétueux, que la tempête." (Psaume 55:7-9).

Le désir de posséder des ailes est aussi ancien que l'humanité. Nos âmes ont été créées pour voler avec des ailes, et elles ne sont pas satisfaites tant qu'elles ne volent pas. L'aigle qui est né en cage ressent en lui le désir de voler : il s'irrite et enrage d'être constamment emprisonné, ne sachant vraiment à quoi il aspire. Ainsi nos âmes s'irritent, enragent et crient leur désir de liberté. Nous ne pourrons jamais trouver le repos sur terre et nous aspirons à "nous envoler", loin de tout ce qui nous tient prisonnier, nous gène et nous emprisonne ici-bas.

Cette inquiétude et ce mécontentement nous pousse généralement à chercher une issue de secours afin d'échapper aux circonstances dans lesquelles nous nous trouvons et à nos misères. Nous ne comprenons pas toujours tout de suite que notre seul moyen d'échapper à tout cela consiste à "s'envoler avec des ailes". Nous essayons de "fuir à cheval" comme le faisaient les Israélites, lorsqu'ils étaient opprimés par l'épreuve (Esaïe 30:16).

Nos "chevaux" sont les éléments extérieurs dans lesquels nous cherchons le soulagement, un changement quelconque dans les évènements ou l'aide de l'homme. Nous montons sur eux et courons d'Est en Ouest, du Nord au Sud, afin d'oublier nos problèmes. Dans notre ignorance, nous nous imaginons qu'il suffit que les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons, changent, pour que nos âmes soient enfin délivrées. Mais tous les efforts que nous ferons pour nous échapper sont inutiles, comme nous l'avons vu maintes fois. Car notre âme n'a pas été faite pour monter des chevaux, mais pour voler avec des ailes.

De plus, ces "chevaux" nous font généralement tomber de Charybde en Scylla, comme c'était le cas pour les Israélites. Tout se passe comme le prophète l'a dit : "Vous serez comme un homme qui fuit devant un lion et que rencontre un ours, qui gagne sa demeure, appuie sa main sur la muraille et que mord un serpent."

Combien de fois avons-nous déjà fui loin d'un "lion" quelconque pour rencontrer ensuite un "ours" ou pour nous cacher dans un endroit et nous faire mordre par un "serpent" ! Non ! Il ne sert de rien à l'âme d'espérer échapper en s'enfuyant loin de ses problèmes vers un refuge terrestre, quel qu'il soit. Car aucun ne peut lui offrir la délivrance qu'elle recherche.

N'y aurait-il donc pour nous aucune sortie de secours, lorsque nous connaissons l'épreuve ou la détresse ? Devons-nous nous résigner et avancer péniblement sous le fardeau, sans espoir de délivrance ? Je suis heureuse de pouvoir dire à chacun d'entre nous qu'il existe un moyen glorieux d'en sortir si nous nous envolons tout simplement et nous échappons loin de tout, pour nous approcher de Dieu. Il ne s'agit pas d'aller à l'Est ou à l'ouest, au Nord ou au Sud, mais plutôt vers le haut. "Ceux qui se confient en l'Eternel, renouvellent leur force. Ils prennent leur vol comme les aigles, ils courent et ne se lassent point, ils marchent et ne se fatiguent point."

Toutes les créatures qui possèdent des ailes peuvent échapper à tous les pièges qui se présentent devant elles, si elles s'élèvent assez haut. L'âme qui se sert de ses ailes trouvera toujours une "voie de sortie" assez sûre pour échapper à tout ce qui la blesse ou qui la trouble.

Que sont donc ces ailes ? Leur secret est contenu dans ces quelques mots : "ceux qui espèrent en l'Eternel". L'âme qui espère en l'Eternel est celle qui s'abandonne complètement à Lui et Lui fait parfaitement confiance. Nous pouvons donc appeler nos ailes "abandon" et "confiance". Je veux dire par là que, si nous nous abandonnons entièrement au Seigneur et Lui faisons parfaitement confiance, nous découvrirons que "nous prenons notre vol comme les aigles" vers "les lieux célestes" en Jésus-Christ, où les ennuis et les peines de la terre ne peuvent pas nous troubler.

Les ailes de l'âme la transportent jusqu'à un niveau de vie spirituel, dans la "vie cachée avec Christ en Dieu" où nous pouvons vivre sans nous soucier des circonstances et où aucune cage ne peut nous emprisonner ni aucune chaîne nous lier.

Les "choses d'en haut" sont celles dont se soucie l'âme qui possède des ailes. Elle n'a que faire "des choses de la terre" ; Elle considère la vie et ses expériences d'après ce qu'elle voit, des "lieux célestes en Christ-Jésus" où elle se tient. Les choses prennent un aspect différent selon la manière dont on les regarde. La chenille qui se traîne sur le sol, doit avoir un point de vue différent sur le monde de ce qu'elle aura lorsque ses ailes se seront développées et qu'elle prendra son essor pour s'élever au-dessus des lieux où elle avait rampé. L'âme qui rampe ne voit pas les choses de la même manière que l'âme qui "prend son envol". Le sommet de la montagne peut fort bien resplendir sous l'effet du soleil, pendant que la vallée en bas est encore voilée de brume. L'oiseau peut s'envoler au-dessus de la mélancolie, pour entrer dans la joie d'en haut, à la lumière du soleil.

J'ai passé, une fois, un hiver à Londres. Pendant trois mois consécutifs, nous n'avons jamais pu voir la lumière du soleil en raison des épais nuages de fumée qui planent au-dessus de la ville comme un linceul. Bien souvent, j'ai pu me rendre compte de temps à autre, par une "fente", que le soleil brillait au-dessus de cette fumée, apercevoir un oiseau nimbé de soleil et qui s'élevait à travers le brouillard dans le bleu azuré du ciel. Tous les balais de Londres ne pouvaient faire partir le brouillard, mais si nous pouvions nous envoler assez haut, nous atteindrions une région supérieure.

C'est ce que fait l'âme qui a des ailes. Elle "surmonte" le monde grâce à sa foi. "Surmonter" signifie "monter sur" et non "être écrasé dessous". L'âme qui possède des ailes s'envole au-dessus du monde et des choses qui lui appartiennent. Ces dernières perdent alors le pouvoir qu'elles ont de lier ou de retenir l'esprit qui les "surmonte" avec les ailes de l'abandon et de la confiance. Cet esprit devient "plus que vainqueur".

Les oiseaux surmontent la loi inférieure de la gravitation par la loi supérieure de l'envol. L'âme qui a des ailes surmonte la loi inférieure du péché, de la misère et de l'esclavage par la loi supérieure de l'envol spirituel. La "loi de l'esprit de vie en Christ-Jésus" est nécessairement une loi supérieure et plus puissante que la loi du péché et de la mort. C'est pourquoi l'âme qui s'envole vers cette région supérieure de la vie en Christ, ne peut manquer de conquérir et de triompher.

On peut se demander cependant, pour quelle raison tous les chrétiens ne triomphent pas toujours. Je répondrai que c'est parce que peu d'entre eux "prennent leur vol" pour s'installer dans ce niveau supérieur de vie. Ils se contentent de vivre au même niveau que leurs circonstances. Au lieu de s'élever au-dessus d'elles, ils essayent de les combattre en restant à leur niveau terrestre. A ce niveau-là, l'âme est impuissante. Elle ne dispose d'aucune arme pour vaincre. Au lieu de triompher ou de surmonter les épreuves et les chagrins de la vie terrestre, ces derniers écrasent l'âme.

Nous savons tous, comme je l'ai déjà dit, que nous voyons les choses d'une manière différente, selon notre point de vue. Les épreuves présentent un aspect très différent lorsque nous les considérons d'en haut et lorsque nous les regardons à leur niveau. Ce qui apparait comme un mur insurmontable à son propre niveau, devient une ligne insignifiante pour l'œil qui le contemple depuis le sommet d'une montagne. Les pièges et les peines qui prennent de grandes proportions lorsque nous les regardons de la Terre, deviennent de petites taches insignifiantes à la lumière du soleil, lorsque l'âme prend son envol vers les lieux célestes qui les surplombent.

Une amie voulut un jour me décrire la différence, existant entre trois de ses propres amies. Elle me donna l'illustration suivante : si chacune d'elle devait traverser une montagne spirituelle, la première creuserait avec peine et fatigue, un tunnel pour passer à travers. La seconde errerait sans but, sans trop savoir où elle va, mais parviendrait quand même à destination parce que son but est le bon. Quant à la troisième, elle se contenterait de déployer ses ailes et de survoler la montagne. Je pense que nous savons tous, d'une manière ou d'une autre, ce que représentent ces trois méthodes. Je suis certaine que si, dans le passé, nous avons essayé de creuser un tunnel pour traverser les montagnes qui se dressent sur notre chemin, ou si nous avons erré autour, nous pouvons dès à présent décider d'étendre nos ailes et de "prendre notre envol" pour entrer dans l'atmosphère limpide de la présence de Dieu, où il nous sera facile de vaincre et de surmonter (monter sur) les montagnes les plus hautes.

Je dis "étendre nos ailes et nous élever" parce que les ailes, même les plus grandes, ne peuvent permettre à un oiseau, quel qu'il soit, de s'élever si on ne les utilise pas. Si nous n'utilisons pas nos ailes, elles ne nous servent à rien.

Il n'est pas utile de s'écrier : "Ah ! si seulement j'avais des ailes !... Je pourrais m'envoler !" car nous avons des ailes ! Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas d'avoir d'autres ailes mais d'utiliser celles que nous avons déjà. Chaque âme humaine a en elle-même, le pouvoir de s'abandonner et de faire confiance. Ce pouvoir doit seulement être exercé. Avec ces deux ailes, nous pouvons nous "sauver" vers Dieu à tout instant, mais pour arriver à Lui, nous devons vraiment nous en servir. Il ne suffit pas de vouloir s'en servir. Il faut vraiment le faire et de manière déterminée et active. En nous abandonnant ou en faisant confiance d'une manière passive, nous n'aboutirons à rien. Il faut le faire d'une manière très pratique. En nous abandonnant et en faisant confiance en théorie seulement, nous ne "nous envolerons" pas très haut. Nous ne le ferons pas non plus lors de nos quelques expériences religieuses. Nous devons le faire d'une manière catégorique et pratique, dans chaque détail de notre vie quotidienne. Nous devrons affronter nos déceptions, nos contretemps, nos persécutions, nos ennemis, nos épreuves et nos tentations de toutes sorte avec une soumission et une confiance active et concrète. Nous devons déployer nos ailes et "prendre le vol" vers "les lieux célestes en Christ" qui nous surplombent, afin que ces obstacles perdent leur pouvoir qu'ils ont de nous faire du mal et de nous plonger dans la détresse. Car de ces lieux-là, nous pourrons voir toutes choses comme Christ les voit et la terre se trouvera glorifiée par la vision céleste.


"La colombe n'a ni de griffe ni de dard,

Ni arme pour combattre.

Sa sécurité réside dans ses ailes,

Sa victoire dans son vol.

L'époux ouvre ses bras d'amour,

Pour y serrer la colombe pantelante."


Comme nos vies changeraient si nous pouvions voler au fil des jours sur les ailes de la soumission et de la confiance ! Au lieu de susciter des luttes et de l'amertume en essayant, au sens figuré, de renverser et de piétiner nos frères et sœurs qui nous ont offensés, nous pourrions échapper à toutes ces batailles en déployant simplement nos ailes et prenant notre vol vers la voûte céleste, où nos yeux seraient en mesure de voir toutes choses revêtues d'un manteau d'amour chrétien et de compassion.

Nos âmes ont été faites pour vivre dans cette atmosphère supérieure et nous ne pouvons qu'étouffer si nous demeurons à un niveau inférieur. Nos yeux nous furent donnés pour regarder à partir de ces hauteurs célestes, et notre vision est déformée si nous observons d'une position inférieure. Le fait que notre Père céleste ait merveilleusement mis en place toute la discipline à laquelle notre vie doit s'astreindre, en pensant nous enseigner à voler, est donc une merveilleuse bénédiction pour nous.

Le livre de Deutéronome nous présente une image de la manière dont cet enseignement est dispensé : "Pareil à l'aigle qui éveille sa couvée, voltige sur ses petits, déploie ses ailes, les prend, les porte sur ses plumes. L'Eternel seul a conduit. Et il n'y avait avec lui aucun dieu étranger."

Pour enseigner à ses petits à voler, l'aigle rend leur nid si inconfortable que les petits n'ont alors qu'un seul désir : le quitter. C'est ainsi qu'ils s'élancent dans le monde inconnu de l'air extérieur. Dieu agit exactement de la même façon avec nous. Il agite nos nids trop confortables et nous pousse par-dessus bord. Nous sommes alors forcés d'utiliser nos ailes pour nous sauver de la chute fatale. Considérez vos épreuves à la lumière de cette vérité et vous verrez si vous ne commencez pas à mieux les comprendre. Vos ailes se développent.

Je connais une femme dont la vie n'était qu'une longue épreuve par la faute d'un mari cruel, pervers et ivrogne. Aucun être humain ne pouvait lui venir en aide. Dans son désespoir, elle se trouva forcée d'utiliser ses ailes pour s'envoler vers Dieu. Pendant les longues années de son épreuve, ses ailes se développèrent à un tel point, qu'au plus fort de la tempête, elle avait l'impression que son âme était transportée sur un magnifique arc-en-ciel pour se retrouver de l'autre côté, dans un merveilleux lieu de repos.

Avec une telle vision, nous pourrons certainement accepter avec reconnaissance chaque épreuve, qui nous oblige à nous servir de nos ailes car c'est ainsi seulement qu'elles grandissent et se fortifient et nous permettront de nous envoler au loin. Les ailes que l'on n'utilise pas s'atrophient et perdent toute capacité de voler. Si notre vie ne nous offrait aucune occasion de voler, nous risquerions de perdre tout pouvoir de le faire.

Vous demanderiez-vous peut-être : mais n'existe-t-il aucun obstacle qui puisse nous empêcher de voler, même si nos ailes sont puissantes et que notre âme s'efforce de les utiliser ? Je répondrai : Si. On peut emprisonner un oiseau dans une cage, l'attacher au sol avec une corde, lui imposer un fardeau qu'il sera obligé de traîner ou le faire tomber dans le "filet de l'oiseleur". Les obstacles qui répondent à toutes ces images dans le domaine spirituel, peuvent empêcher notre âme de voler, tant que la puissance divine ne l'a pas libérée.

L'un des "filets de l'oiseleur" qui fait tomber de nombreuses âmes est le filet du doute. Les doutes apparaissent si plausibles et souvent si humbles que les chrétiens tombent dans leurs "pièges" sans même penser un instant qu'il s'agit d'un piège. Ils ne s'en rendent compte que lorsqu'ils sont pris et incapables de s'envoler. Il est tout aussi impossible pour l'âme qui doute de s'envoler, que pour l'oiseau qui est pris dans le filet de l'oiseleur.

La raison en est évidente : l'une de nos ailes, celle de la confiance, est complètement neutralisée par le moindre doute ; de même qu'il faut deux ailes pour qu'un oiseau s'élève dans les airs, ainsi il faut deux ailes pour qu'une âme s'envole. Un grand nombre de chrétiens font tout ce qu'ils peuvent, mais ne font pas confiance. Ils déploient l'aile de la soumission et l'utilisent vigoureusement, s'étonnant ensuite de voir qu'ils ne peuvent pas prendre leur envol. Ils ne pensent pas même un instant que c'est parce que l'aile de la confiance pend, toute penaude, à leur côté. Parce qu'ils se servent d'une seule de leurs ailes, les chrétiens font des efforts infructueux pour voler.

Regardez l'oiseau à l'aile brisée qui essaie de s'envoler. Vous comprendrez tout de suite quel genre de mouvement l'être qui ne se sert que d'une aile doit effectuer. Nous devons nous servir de nos deux ailes ou alors ne pas essayer de voler.

Mais pour certains, le filet de l'oiseleur réside dans une forme assez subtile de péché, dans un manque inavoué de consécration. Dans un tel cas, l'aile de la confiance semblera bien fonctionner, mais ce sera au tour de l'aile de soumission de pendre sur le côté. Il sera tout aussi vain d'essayer de voler en ne se servant que de l'aile de la confiance que de vouloir voler avec la seule aile de la soumission. Il faut utiliser les deux ailes, sinon, il est impossible de voler.

L'âme se sent peut-être parfois comme dans une prison de laquelle elle ne parvient pas à échapper. Elle ne peut donc prendre son vol. Aucun barreau de prison ne peut emprisonner l'âme. Aucun mur, aussi haut soit-il et aucun boulon, aussi fort soit-il, ne peuvent emprisonner un aigle tant qu'il y a au-dessus de sa tête un espace libre pour prendre le vol. La puissance de la terre ne peut retenir l'âme en prison tandis que la voie céleste est libre et ouverte. Nos ennemis peuvent ériger autour de nous de hautes murailles, ils ne peuvent cependant pas édifier de barrière entre Dieu et nous ; si nous "prenons" le vol, nous pourrons nous élever plus haut que tous ces obstacles.

Si nous nous retrouvons en prison, nous pourrons être certains de ceci : ce n'est pas notre environnement terrestre qui constitue une cellule, car les ailes de l'âme se moquent de tous les barreaux et les murs que la terre peut présenter. Le seul élément qui peut vraiment emprisonner l'âme est ce qui l'empêche de voler. Le prophète nous révèle que ce sont nos iniquités qui ont établi un mur de séparation entre Dieu et nous et que ce sont nos péchés qui nous ont caché Sa face. C'est pourquoi si notre âme est emprisonnée, c'est parce qu'une barrière a été érigée entre le seigneur et nous, par un péché que nous tolérons dans notre vie. Nous ne pourrons pas nous envoler, tant que nous n'aurons pas abandonné ce péché.

Mais souvent, même en l'absence de tout péché flagrant l'âme se sent inconsciemment attachée à un élément terrestre et lutte ainsi en vain. Plusieurs de mes amis étaient un jour en Norvège et décidèrent de faire en barque le tour d'un fjord ; ils s'installèrent donc et commencèrent à ramer avec énergie mais le bateau ne bougea pas. Ils forcèrent davantage sur les rames, mais ce fut en vain. La barque n'avançait pas d'un centimètre. Alors, l'un de mes amis découvrit soudain que leur embarcation était encore amarrée. Il s'écria : "Comment s'étonner que nous ne puissions avancer, car nous tirions derrière nous toute l'Europe !" Nos âmes de la même manière, ne sont pas toujours délivrées de l'ancre des biens terrestres. Nous devons nous libérer. Un aigle, à la patte duquel on attacherait un poids de cent tonnes, n'aurait aucune chance de s'envoler. De même, l'âme qui est alourdie par les soucis, et les anxiétés de la terre, ne peut s'élever. Elle reste accrochée à la terre.

Lorsque notre Seigneur essaya de mettre en garde Ses disciples contre ce danger, Il leur raconta une histoire : celle d'un grand souper auquel furent invitées un grand nombre de personne, dont la plupart ne vinrent pas parce que les soucis de la terre les en empêchaient. L'une avait acheté une parcelle de terrain, l'autre une paire de bœufs et la troisième venait de se marier. Toutes les trois pensaient que cela méritait leur attention.

Les femmes, les bœufs ou les terres, ou même des choses bien plus humbles peuvent fort bien constituer les cordes qui attachent l'âme et l'empêchent de voler, ou les poids qui la retiennent. Coupons donc toutes les cordes et déplaçons toutes les barrières afin que nos âmes ne trouvent plus d'obstacle susceptible de les empêcher de prendre leur vol comme les aigles, pour atteindre les lieux célestes en Jésus-Christ.

Il nous est enjoint de remplir nos cœurs de chants de joie et de chanter une mélodie intérieure au Seigneur. Mais tant que nous ne prendrons pas le vol, cela nous sera impossible, car la seule créature qui peut chanter est celle qui vole. Lorsque le prophète déclara que même si la terre entière était dans la désolation, il continuerait à se réjouir en Dieu, dans le Dieu de son salut, son âme se servait certainement de ses ailes. Paul savait ce que représentait le fait de se servir de ses ailes, notamment lorsqu'il se trouvait dans "la tristesse" et cependant "se réjouissait". Au niveau purement terrestre, tout était bien sombre pour Paul et le prophète, mais au niveau céleste tout brillait dans la lumière du soleil.

Cher lecteur, as-tu une idée de ce qu'est la vie qui se sert des ailes ? T'élèves-tu continuellement vers Dieu, au-dessus et en dehors des soucis et des épreuves de la terre, vers ce niveau supérieur de la vie où tout est paix et triomphe, ou marches-tu péniblement, au sein de tes épreuves, te laissant constamment accabler ?

Gardons-nous bien, ici, de commettre une erreur. Ne pensez pas que par "voler", j'entends nécessairement des sentiments très joyeux ou même d'hilarité quelconque. Il existe une certaine forme courante de "vol" qui n'a rien à voir avec ce dont je parle. On peut la comparer à ce vol qui fait descendre la feuille de l'arbre et la dépose à terre. Ce vol s'arrête dès que le vent cesse. Le vol dont je parle est une question de principe et non de sentiments. Il peut s'accompagner de sentiment de joie, mais il n'en dépend pas. Il s'appuie essentiellement sur une entière soumission et confiance absolue. Quiconque utilise honnêtement ces deux ailes et le fait avec fidélité et persévérance, découvrira qu'il a déjà pris son vol comme un aigle, quels que soient les sentiments ressentis auparavant.

Car la promesse est certaine : "Ceux qui se confient en l'Eternel prennent leur vol comme les aigles". Il n'est pas dit : "ils prendront peut-être leur vol" mais "ils prennent leur vol". Voilà le résultat inévitable. Puissions-nous tous le vivre !


"Elle n'a ni magasin, ni graine à semer,

Mais elle chante et ne veille à rien.

Dans les jours sombres,

Ou quand manque la nourriture,

Elle chante pour faire honte

Aux hommes qui oublient, par crainte du besoin,

Le nom de leur Père.

Le cœur qui a confiance chante pour toujours,

Et se sent aussi léger que s'il avait des ailes.

Au-dedans de lui jaillit une source de paix,

Que vienne le bien ou le mal.

Quoi qu'apportera aujourd'hui ou demain, c'est ce qu'Il veut."


(Hannah W. Smith dans Le secret du chrétien pour une vie heureuse)

Source: J-Cl & L B.


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Des nouvelles de la Bible grecque

Un parchemin biblique vieux de 2000 ans, a été découvert lors de fouilles dans une grotte à flanc de falaise dans le désert de Judée. "C'est la première fois depuis soixante ans que des fouilles archéologiques révèlent des morceaux d'un parchemin biblique", a déclaré l'Autorité israélienne des antiquités. Il s'agit de fragments de deux livres de "petits prophètes", Nahum et Zacharie, rédigés en langue grecque. Pour les spécialistes, il s'agit d'une des découvertes archéologiques les plus importantes depuis les manuscrits de la Mer morte.

Source


La Bible Nouvelle Français Courant (NFC) quant à elle, signale en note chaque fois qu'une citation de l'AT dans le NT est faite d'après la version grecque de l'AT (LXX). P.ex. en Jude, la fin du v.9 cite Zacharie 3.2 "selon l'ancienne version grecque". Au v.5: "Le Seigneur : appellation de Dieu, comme dans l'Ancien Testament grec".

Genèse 1:1: "Au commencement... : traduction la plus fréquente de ce verset. Elle est imitée de l'ancienne version grecque, à laquelle se réfère très probablement l'évangile de Jean (Jean 1.1)".



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Demandez à Dieu la grâce de voir sa main dans chaque épreuve, puis la grâce de vous y soumettre aussitôt. Non seulement de vous soumettre à cette épreuve, mais également de l'accepter et de vous en réjouir... Je pense que, parvenus à ce stade, nous voyons disparaître la plupart de nos ennuis. (Charles H. Spurgeon)

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